Le blog de Chantecler

"Saluer le mystère, sourire, et puis, se taire" C. Nougaro

24 juin 2009

Bougie

Craquée une allumette, éclairé mon terrier
Ombres dansant au mur... Souvenirs de cheveux
Noirs, en fermant les yeux, d'amoureux sous la pluie.
Sang qui bat, fait trembler la surface de cire,
Taquine la flamme d'une bougie qui fond.
Angoisse, fonds, va-t-en, naphtaline mitée !
Ne restent que bougie, ombres, feu, et ce vent
Caressant dans mon crâne et sifflant dans mon corps,
Effarant vent d'espoir que la flammèche apporte !

Posté par Chantecl3r à 23:15 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Anne

Pour ma prof qui s'en va d'ici, en guise d'au revoir et merci !

Venise - Les dés sont jetés -
Sera votre destination
Un autre endroit où diffuser
Votre enthousiasme et ses rayons

Et si le pont du Rialto
Ne daigne pas tirer pour vous
Ses colonnes, son chapiteau,
C'est un ingrat, un point c'est tout.

Chanceuse, la Sérénissime
Qui apprendra bientôt vos pas.
"Voir Anne Denieul ou l'abîme"
Pour une ville, c'est le choix

Et si les murs de Burano
N'échangent pas leurs teints pour vous
Dans un charmant imbroglio,
Ils sont ingrats, un point c'est tout.

Bientôt : départ en Italie
Et Paris aura rendu l'Anne
Mais nous veillerons bien, ici
A ce que vos roses ne fanent

Et si le ciel de la lagune
Ne rosit pas le soir pour vous,
Ni pour remercier sa fortune
Il est ingrat, et puis c'est tout.

Voilà, il paraît que c'est l'heure.
Ayez tous mes vœux de bonheur,
Dans cette ville qui, d'en haut,
Ressemble à un éléphanteau !

Si les pigeons de San Marco
Ne veulent s'aligner pour vous
Saluer, main sur le jabot,
C'est qu'ils sont cons, un point c'est tout !

Posté par Chantecl3r à 01:39 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 juin 2009

Chloé, deux ans

Je viens de laisser des amis à leur alcool, je me suis laissé à mon silence. Il y a deux ans, Chloé, je rentrais seul d'une fête de la musique où j'aurais aimé te voir, et je t'ai inventée.
Aujourd'hui, qu'est-ce que je pourrais te dire ? Que je suis toujours aussi minable qu'un bernard sans son l'ermite ? Que Paris me broie et que je lutte nuit et jour pour repousser ses piques ? Qu'il est dur de vivre dans une ville réelle avec des gens réels et d'avoir un amour imaginaire ?
Que dalle, j'en ai marre de me lamenter.
Aujourd'hui, je te dis, d'abord bon anniversaire, parce que deux ans, mine de rien, ça fait vieux. Et puis je te dis que je t'aime toujours, et plus que jamais, et que je t'en veux même pas de me faire poireauter, et que le jour où tu arriveras les hommes sentiront l'onde de choc de ma joie jusqu'en Nouvelle Zélande.
Je revois le Sacré Coeur... Il y a deux ans, il y a avait des lucioles partout pour ta naissance. Ce soir il fait bon, j'ai des doux relents de merguez qui me tiendront éveillé le temps que la musique s'estompe et que le jazz mette la sourdine à sa trompette.
Un soir où, bien sûr, tu me manques, mais où je t'attends, tranquille. A ce petit jeu-là tu ne gagneras pas avec moi : je ne mourrai pas avant de te rencontrer.
Tu sais pas encore à quel point je t'aime. Bon anniversaire, ange blafard.

Posté par Chantecl3r à 02:51 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 juin 2009

Les ours

Vous savez, les ours, qui hibernent en hiver, comme un tas d'autres bestioles, comme les marmottes ou les poissons-clowns. Ouais, eh ben les ours ils dorment pendant des mois, en ralentissant les battements de leur cœur, en vivant sur leurs réserves.
On se dit toujours un peu impressionnés par cette prouesse de la nature, mais, finalement, nous les humains, on pulvérise le record d'hibernation ! On est champions, toutes catégories !
Un humain normalement constitué peut hiberner des années ! Certains même passent leur vie à hiberner.

Un homme peut apprendre à contrôler les battements de son cœur, à étouffer progressivement le muscle le plus puissant du règne animal. Le plus rigolo, c'est qu'un homme en hibernation peut marcher dans la rue, et même faire croire qu'il est parfaitement réveillé !

Mais si on analyse le rythme cardiaque d'un homme hibernant, on s'aperçoit très vite qu'il ne change pas quand il croise un gros arbre aux feuilles rouges jaunes ocres. Le rythme ne varie pas quand l'hibernant passe à côté d'une rivière et de ses remous zigzaguant entre les pierres polies. Le tempo cordial ne bronche même pas quand l'homme qui hiberne croise une paire d'aimables yeux !

Les hommes trop souvent vivent sur leurs réserves
Un seul souvenir fort leur nourrit le sommeil
Ils tirent tout profit de leur ancienne verve
Comme un ours vit un mois d'une gorgée de miel

La vie n'est que passion. Quand le rêve s'endort
L'homme, tel un zombie étêté, marche encore
Sans but, sans mélodie au bout de son chemin
Sans nez qui soit fouetté par l'assaut des parfums

Et puis il vient un jour où l'homme se souvient
Que c'est ici que ça se passe, tout ou rien
Il entend un accord, un rayon, un baiser

Il reprend son armure et son casque et repart
Quitte la peau de l'ours qu'il a tué bien tard
S'envole vers les cœurs allumer des brasiers !

Posté par Chantecl3r à 02:20 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juin 2009

L'huminaté

L'humain l'humus l'homo l'Huma
L'honni l'ovni lubbie l'humi

L'huuuuumiiiii...

L'humidité
ça fait pousser des champignons
Sur la plante des pieds

Posté par Chantecl3r à 21:26 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 juin 2009

La chanson du milieu

J'ai écrit ça il y a quelques mois. Le recyclage continue, c'est le début de l'ère éco-logique.

Je suis dans un milieu
Où les gens fument beaucoup, et pas que du tabac
Je suis dans un milieu
Où l'on finit bourré plus souvent que moyenne
Je suis dans un milieu
Où les coups de boules fusent facilement
Je suis dans un milieu, messieurs
Qui correspond pas tellement à vos idéaux frelatés.
Mais moi je suis dans un milieu
Où des gens lisent en toi comme dans un livre.
Et c'est un bonheur, messieurs, de ne pas avoir à crier qui on est en permanence
On a plus besoin de se justifier, plus besoin de leur prouver des choses
Au bout de trois calins et de trois verres de vins, on se connait
Et c'est pour ça, messieurs que je resterai au milieu de mon milieu
Quoi que vous puissiez tenter.

Posté par Chantecl3r à 14:40 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 juin 2009

Ma mamie au téléphone

Elle est opérée demain !
Je lui ai téléphoné là, ce soir, et j'ai remarqué que le bruit que ma grand-mère fait en raccrochant ne dépend pas du combiné qu'elle utilise.
Là, je l'appelais à son hôpital, et c'est le même bruit que chez elle. C'est la première fois que je me rends compte que je connais ce bruit par coeur, en fait.

Un bruit qui est maintenant de plus en plus rare à cause des téléphones sans fil qui se raccrochent en actionnant un bouton.

Posté par Chantecl3r à 19:16 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Photo

Remembrez... (enfin, remember quoi)

C'était en mai 68 !

fue1CohnBendit

On oublie pas l'héritage, hein les mecs ?

Posté par Chantecl3r à 00:50 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juin 2009

Ornithologie

J'ai vu des oiseaux improbables hier...
Sur le lac des Buttes Chaumont, sur un pied, un grand héron qui s'est ensuite posé dans un grand arbre frôlant l'eau.
Une grosse bestiasse comme ça, l'arbre a un peu bu la tasse...

Et pis après, plus loin sur le lac, j'ai vu deux gros canards oranges, avec des becs de macareux... Je parle des macareux moines, hein, pas des macareux de La Durée. Ils étaient étranges, au milieu des habituels colverts...

Et puis alors, deux oiseaux bizarres... Ils ressemblaient à s'y méprendre à deux humains, mais la différence c'est qu'ils étaient couchés sur une pelouse en train de se faire des câlins.

En fait, on a beaucoup à apprendre des oiseaux !

Posté par Chantecl3r à 16:03 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juin 2009

J'adule ciné

Je t'ai cherchée à l'endroit où naissent les grands fleuves. Tout en haut du monde, là où les glaces ne fondent pas et où les nuages de plafonds se font tapis. Mais, tu n'étais pas sur le sommet du monde... Alors j'ai marché très longtemps sur le haut des nuages, et je t'ai cherchée dans ce pays troposphérique. J'ai avalé des kilomètres de blanche, j'ai regardé dans toutes les grottes de vapeur, j'ai même risqué mon nez au cœur des orages, mais tu n'y étais pas...
Alors je suis descendu, j'ai profité d'un jour qu'il pleuvait des cordes pour en emprunter une. Je suis allé te chercher dans les grandes forêts. Au fin fond d'une couche de feuillages, de lianes enchevêtrées, de ronces, j'ai vu un arbre magnifique et tortueux, iceberg de bois dont on sentait battre les racines. Au creux d'un de ses renfoncements, je me suis blotti, et j'ai voyagé dans la sève. J'ai exploré la terre et l'humus, et tous les troncs, de la strate infracryptogamique à la canopée. Je ne t'ai pas trouvée dans le havre végétal.
J'ai arpenté les falaises et les plages, pentes plus ou moins raides vers des eaux maritimes. Sables, galets, cendres, j'ai fait tous les littoraux, soulevé jusqu'au moindre tourteau. Tu n'étais pas dessous, tu ne scrutais pas l'horizon d'un air absorbé. J'ai fouillé le creux des vagues, plongé dans le sol mouvant du rocher de Saint-Michel, inspecté les rouleaux gigantesques d'Hawaï. Je ne t'y ai pas vue...
Alors j'ai couru au mont Etna, et me pinçant le nez pour la décompression, j'ai plongé dans la gueule ardente de cette grosse vache normande au pelage de cendre et de neige. Je suis descendu dans les profondeurs en fusion, et je t'ai cherchée dans les grottes magmatiques... J'ai frappé à la porte de fer du noyau, on m'a dit que c'était occupé, et ce n'était pas ta voix, donc je suis remonté.
Epuisé, je suis allé chercher dans le fond du désespoir. J'ai vécu à fond l'horreur de vivre, et fermant les yeux j'ai écarté un à un toutes les tentacules visqueux de l'ennui. Je me suis trouvé en face de mon monstre, mon antimatière, ma non-vie... Tu n'étais pas dans ses bras... J'ai eu du mal à en revenir, de ce pays-là, plus que de tous les autres.

Alors j'ai arrêté de te chercher. Je suis allé voir un concert de Ska dans un bar pourri où des gens aux torses nus s'aspergeaient de Kronenbourg, et j'ai entendu une voix très douce derrière moi : "Salut."
Tu étais là.
C'était pas trop tard.
Le pays dans lequel nous sommes partis était la somme de tous les autres.

Posté par Chantecl3r à 01:03 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Accueil  1